Aider les oiseaux du jardin en hiver sans leur nuire : le bon nourrissage
Quand le froid s’installe, la nourriture se fait rare pour les oiseaux du jardin. Installer une mangeoire est un geste généreux et un formidable moyen d’observer mésanges, rouges-gorges et pinsons. Mais un nourrissage mal conduit peut aussi favoriser les maladies ou créer des déséquilibres. Voici comment aider les oiseaux en hiver, au bon moment et dans de bonnes conditions.
Pourquoi l’hiver est une saison difficile pour les oiseaux
Les petits oiseaux dépensent beaucoup d’énergie pour maintenir leur température corporelle, surtout pendant les nuits longues et froides. Or, en hiver, les insectes se font rares, les fruits sauvages s’épuisent et le gel ou la neige peuvent rendre les graines inaccessibles au sol. Un apport complémentaire bien choisi peut alors les aider à traverser les périodes les plus rudes.
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Il s’agit bien d’un complément : les oiseaux continuent à chercher leur nourriture dans la nature. L’objectif n’est pas de les rendre dépendants, mais de leur offrir un coup de pouce quand les ressources naturelles manquent.
Quand nourrir, et quand arrêter
La LPO recommande de limiter le nourrissage à la période hivernale, globalement de la mi-novembre à la fin mars, en commençant plutôt avec les premières gelées. Si un épisode de froid se prolonge au début du printemps, il peut être poursuivi un peu plus longtemps.
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Deux règles sont importantes :
- Une fois commencé, ne pas interrompre brutalement en plein hiver : les oiseaux qui fréquentent votre jardin comptent sur ce point d’alimentation, et une coupure soudaine par grand froid peut les mettre en difficulté.
- Arrêter progressivement à la sortie de l’hiver : réduisez les quantités sur une à deux semaines. Au printemps, les oiseaux doivent se tourner vers les insectes et les larves, riches en protéines et indispensables pour nourrir les oisillons. Les graines et les graisses ne conviennent pas aux jeunes.
Nourrir hors saison n’est pas anodin : certaines maladies des oiseaux sont saisonnières, et des points d’alimentation maintenus toute l’année favorisent les regroupements et donc la transmission.
Que mettre dans la mangeoire ?
Les aliments adaptés
- Les graines de tournesol, de préférence noires, riches en énergie et appréciées par de nombreuses espèces ;
- les arachides nature, non grillées et non salées, idéalement dans un distributeur grillagé pour éviter que les oiseaux n’avalent de gros morceaux ;
- les mélanges de graines de qualité, avec millet, avoine ou maïs concassé ;
- les pains et boules de graisse végétale, de préférence sans filet plastique, dans lequel les pattes des oiseaux peuvent se coincer ;
- quelques fruits (pommes, poires abîmées) pour les merles et les grives.
Les aliments à proscrire
- le pain, trop salé et peu nourrissant, qui gonfle dans l’estomac ;
- le lait, que les oiseaux ne digèrent pas ;
- les restes salés, épicés ou cuisinés, la charcuterie ;
- les graines moisies ou rances.
L’hygiène des mangeoires, un enjeu sanitaire
Un point de nourrissage concentre des oiseaux qui, en temps normal, ne se côtoieraient pas d’aussi près. Les excréments, les graines souillées et l’humidité créent des conditions favorables à la transmission de maladies comme la salmonellose ou la trichomonose. Cette dernière, causée par un parasite, a notamment été associée à de fortes mortalités chez le verdier d’Europe et d’autres fringilles.
Pour limiter ces risques :
- préférez les mangeoires de type silo, qui gardent les graines au sec et limitent le contact avec les fientes, plutôt que les plateaux ouverts ;
- ne mettez que la quantité consommée en un ou deux jours, pour éviter que la nourriture ne s’accumule et ne moisisse ;
- multipliez les points de nourrissage, espacés les uns des autres, pour éviter les attroupements ;
- ramassez régulièrement les graines tombées au sol et les déchets.
Nettoyer une mangeoire en pratique : environ une fois par semaine, videz-la, brossez-la avec des gants et un matériel réservé à cet usage, rincez à l’eau claire, puis désinfectez avec de l’eau de Javel diluée dans de l’eau froide. Rincez abondamment, laissez bien sécher avant de remplir, et lavez-vous les mains au savon. Si vous observez plusieurs oiseaux malades (gonflés, apathiques, ayant du mal à avaler) ou morts près de la mangeoire, la LPO recommande de cesser tout nourrissage et de vider les abreuvoirs pendant au moins 10 à 15 jours, afin de disperser les oiseaux.
Où installer la mangeoire et penser à l’eau
L’emplacement compte autant que le contenu. Placez la mangeoire en hauteur, hors de portée des chats, avec un dégagement autour qui permet aux oiseaux de voir arriver un prédateur, mais avec un arbre ou un buisson à quelques mètres pour qu’ils puissent s’y réfugier. Évitez la proximité immédiate des grandes baies vitrées, source de collisions.
L’eau est tout aussi précieuse que la nourriture, surtout en période de gel. Un abreuvoir peu profond, renouvelé chaque jour et nettoyé régulièrement, sert à la fois pour boire et pour l’entretien du plumage. N’ajoutez jamais de sel, d’alcool ou d’antigel pour éviter qu’il ne gèle : changez simplement l’eau ou cassez la glace.
Si vous avez un chat, quelques précautions supplémentaires s’imposent : mangeoire bien inaccessible, pas de point d’eau au ras du sol à découvert, et idéalement un chat gardé à l’intérieur aux heures où les oiseaux sont les plus actifs, tôt le matin et en fin de journée.
Un jardin accueillant, la meilleure aide sur la durée
Le nourrissage hivernal rend service, mais le geste le plus utile pour les oiseaux reste d’offrir un jardin riche en ressources naturelles toute l’année. Haies d’essences locales, arbustes à baies comme le sureau, l’aubépine ou le houx, coins laissés en friche, tas de feuilles et de bois mort abritant des insectes : autant de garde-manger qui ne demandent aucun entretien sanitaire.
Chez Animal Plus, nous conseillons d’associer les deux : une mangeoire propre et bien gérée pendant les mois froids, et un jardin pensé pour la biodiversité le reste du temps. C’est la façon la plus sûre d’aider les oiseaux sans leur nuire, tout en profitant du plaisir de les observer de près.